Véhicules « made in bladi » : pourquoi le gouvernement publie les prix

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Le ministère de l’Industrie et des Mines a publié ce mercredi 14 mars les prix sortie d’usine des véhicules de tourisme assemblés en Algérie. Une première depuis le lancement de l’industrie de montage automobile dans le pays.

Le gouvernement joue la transparence et oblige du coup les constructeurs à rendre publics les prix de leurs véhicules. Il ne s’agit pas bien sûr des prix de vente qui sont généralement plus élevés. Les voitures fabriquées sont ensuite vendues aux distributeurs qui appliquent leurs marges.

Selon nos informations, les opérateurs “sont obligés” de publier ces prix sur leurs sites internet. Pourquoi une telle obligation ? En fait, les prix des voitures “made in bladi” sont au cœur d’une grande polémique. Contrairement aux promesses des autorités et des opérateurs, les prix des véhicules fabriqués en Algérie restent relativement élevés, ce qui les rend inaccessibles pour une grande partie de la population, et ce en dépit des avantages fiscaux et parafiscaux accordés par l’État aux opérateurs.

« Il y a un effort à faire de la part des constructeurs. Il ne faut pas oublier qu’ils ont énormément d’avantages. Il faut qu’ils baissent leurs prix », avait affirmé Hassiba Mokraoui, directrice générale du développement industriel et technologique au ministère de l’Industrie et des Mines dans un entretien à TSA.

Elle a reconnu que « les prix n’ont pas vraiment baissé, mais cette baisse viendra progressivement au fur et à mesure qu’il y a de l’intégration locale ».

Derrière la démarche du ministère de l’Industrie, il y a d’autres objectifs, précise notre source. La première concerne le contrôle de la marge bénéficiaire du constructeur.

« Il s’agira pour les autorités de comparer entre le prix de sortie d’usine et le prix de vente », explique notre source. « Le gouvernement n’est pas habilité à imposer les prix de vente aux constructeurs, mais par contre il veut garder un œil très attentif sur les prix », explique-t-elle.

Lundi 5 mars, en marge des journées techniques sur la sous-traitance automobile organisées à Alger, le ministre de l’Industrie et des Mines Youcef Yousfi avait donné le ton. « Les voiture montées en Algérie ne peuvent être plus chères que les voitures importées », ce qui peut être considéré comme une ligne de conduite pour les constructeurs.

Sur les prix sortie d’usine, le gouvernement compte intervenir. « Des études seront effectuées par le ministère de l’Industrie avec pour objectif de comparer entre les prix sortie d’usine pratiqués en Algérie et le coût de la même marque de voiture dans son pays d’origine », affirme notre source qui insiste sur les avantages accordés aux constructeurs ainsi qu’aux sous-traitants dans le cadre d’un nouveau projet de loi qui sera publié très prochainement.

Source : TSA

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